‘La Trinité ? J’y crois parce qu’il le faut, mais c’est bien compliqué !’

par le P. François.

C’est ce qu’on entend dire ! En fait, après Noël, Pâques et Pentecôte, on découvre le Cœur de Dieu qui sous-tendait ces trois grands moments de l’accomplissement de l’Histoire du Salut : Dieu est Amour. Incarnation et rédemption sont l’expression de l’Amour fou de Dieu, le ‘tout-Autre’. Aucune autre religion n’affirme dans sa doctrine : Dieu est Amour. Même en judaïsme, si Dieu aime son Peuple, on ne dit pas de Dieu qu’Il est Amour. Amour suppose une altérité forte : donc si Dieu est Amour en Lui-même, il y a en Lui ce que Jésus nous révèle : le Père et le Fils ; et pour qu’ils s’aiment et se donnent de toute Eternité, il ne faut pas qu’ils fusionnent car la fusion empêche l’amour (une ‘dévoration’ disent les psychologues) : c’est l’Esprit-Saint qui maintient leur distance respectueuse et fait le lien d’amour.

En islam, des mystiques soufis chantent ‘Dieu est amour’ pour nous copier, mais ils n’ont pas du tout la doctrine : Dieu n’est pas historiquement Sauveur à travers une ‘Histoire du salut’ pour Se donner (ce serait un blasphème) : Dieu accorde son agrément (ridhâ’) à ceux qu’il ‘aime’ (sens très atténué) car ‘Il est prompt dans ses comptes et dur dans ses châtiments’, au contraire de l’Ancien Testament tardif : ‘lent à la colère et plein d’amour’. Et en Jésus, ‘le Père a donné le Fils unique’ pour que nous vivions en communion en Lui et avec nos frères à son image.

Quelle vocation nous est donnée !

P. François.