Tous aveugles, Tous soignés,

Tous Envoyés.

par Marcel Bardon, diacre

C’est le dimanche « Laetare » Réjouissez-vous ! Non ce n’est pas de l’humour mal placé qui viendrait comme pour contrecarrer la situation de confinement dans laquelle nous venons de plonger.

Ce n’est pas la sombre ténèbre qui s’abat sur nos âmes. Mais peut-être, nous entrons, contraints, dans un temps où nous devons nous enfouir vers des valeurs plus essentielles. L’agitation, la gesticulation, le bruit et les autres fantasmes sonores et visuels n’ont plus cours ! En un certain sens, j’ose le dire : « Enfin ! » Cela va permettre de respirer.

Dans cette montée vers Pâques où il nous faut nous enfouir, j’aime bien cette belle couleur où les vêtements liturgiques s’éclairent un peu, pour un dimanche, en attendant la lumière éclatante de Pâques. La couleur violette du carême n’est pas triste puisqu’elle précède, comme en Dame Nature, la couleur de l’aurore, c’est de cela dont il s’agit avec cette couleur de « Laetare » qui nous parle de l’aurore, la couleur qui précède le matin où le soleil brille de tous ses éclats, comme à Pâques.

Le Christ brillera et rayonnera dans son chant de Gloire de Ressuscité. Cela nous est promis. Mais en attendant, il faut attendre et les circonstances sanitaires nous demandent de rester « à l’intérieur ».

C’est une bonne occasion de s’enfouir dans une relation intérieure avec le Christ et de se présenter à lui comme cet aveugle. De le laisser faire son travail de Sauveur. Cette boue qu’il fait avec sa salive ressemble tellement à celle que Dieu fit quand il nous créa au Commencement. Il faut bien qu’il nous refasse de l’intérieur et nous rende cette Beauté originelle qu’Il nous a déjà donnée à notre baptême et qu’il ne cesse de renouveler par sa Miséricorde.

Puis prenons peut-être du temps à lire de belles choses, d’écouter de belles musiques ou de passer tout simplement du temps à rechercher ce qui est beau. La beauté n’est pas subjective ni une affaire de goût – les artistes souffrent assez pour faire éclore une œuvre qui « porte vers l’invisible et l’indicible par l’éblouissement » comme me le disait Olivier Messiaen – elle est une question de qualité de vie.

Si nous laissons entrer la Beauté en nous, c’est grâce au Christ qui nous ouvre les yeux pour cela. Et il nous envoie aussi pour le dire. La piscine de Siloé = Envoyé », est ce lieu auquel le Christ envoie tous les aveugles que nous sommes, comme un lieu du pardon, elle est si proche de la piscine baptismale, celle de Siloé. C’est à chaque instant que nous sommes conduits à nous laver pour ensuite être envoyés, tous ensemble, comme des frères bien-aimés.

Il nous est demandé de nous laver souvent les mains durant cette période de confinement ! On peut penser aussi que Jésus nous lave de tous les méchants virus qui encombrent notre existence.

« Lave-moi de mes fautes Seigneur, purifie-moi de mon péché. »

Marcel Bardon, diacre

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