par Marie-Anne Gancel

Ce dernier dimanche avant l’Avent, la liturgie nous propose de nous arrêter sur le règne du Christ en cette solennité de Jésus, Roi de l’univers. Pour clore l’année liturgique, l’Evangile de Luc, c’est sur Jésus en croix que nous sommes invités à poser notre regard, homme bafoué, injurié, blessé. A ses côtés, deux larrons condamnés également ; devant lui les soldats, les chefs qui l’interpellent ; plus loin, la foule silencieuse…

Quel paradoxe, et quelle promesse !

Si Jésus ne répond pas à ceux qui l’invitent à se sauver lui-même, il prend le temps de répondre au larron qui lui demande : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Voilà un homme pêcheur, à la porte de la mort, qui se tourne vers celui que tous calomnient, et clame sa foi. Ayant reconnu son péché, il proclame la majesté de Dieu. La crainte de Dieu qu’il ressent et exprime, le fait se tourner vers le seul en qui il peut mettre son salut.

Ce n’est pas un hasard si ce récit se trouve uniquement dans l’Evangile selon saint Luc, l’Evangile de la Miséricorde. « Amen, je te le dis, aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Aucune parole de reproches ou de refus. Le Seigneur voit le cœur du bon larron et lui ouvre les portes de son Royaume. La promesse est là et elle va s’accomplir pour lui comme pour chacun de nous, invités à abandonner le « je-me-moi », je me sauve moi-même, et parfois l’illusion que ça marche, pour s’abandonner à l’Amour du Christ Sauveur.

Voilà la Royauté du Christ dans toute sa Gloire, et sa miséricorde dans toute sa profondeur. Jésus inaugure son Royaume où il a reçu de son Père tous les pouvoirs par cette promesse : « aujourd’hui ! »

Marie-Anne GANCEL