Malhonnête, filou ? Certes – Habile, certainement !

Luc est le seul des quatre évangélistes à relater cette Parabole un peu surprenante où Jésus semblerait encourager des procédés discutables. Eh bien non, tel n’est pas le cas. En fait Jésus prend cet exemple car il s’étonne (ou s’agace !) du peu d’entrain des gens de son peuple à vivre de la joie du Royaume qu’il apporte. On pourrait entendre : « Cet intendant roublard a eu au moins de l’habileté pour se sortir de ses contrebandes. Alors qu’en est-il pour vous qui êtes les bénéficiaires de la miséricorde du Père que je vous apporte ? Soyez donc un peu plus réactifs. »

Luc a dû s’en souvenir quand il s’adresse, dans cette parabole, aux communautés chrétiennes qu’il visite. Il encourage les chrétiens à être astucieux et que ceux qui ont des moyens les utilisent pour mettre leur richesse au service des pauvres afin de les sortir de la misère. : « Soyez donc habiles avec l’argent trompeur … car on ne peut pas servir Dieu et l’argent. » Ainsi l’argent doit être lui aussi converti à une autre fin que le seul profit personnel. N’en est-il pas pareil pour toutes les choses de la vie.

Comme on a du mal à se réjouir de la Bonne Nouvelle du Salut que le baptême dans l’Esprit apporte ! Et pourtant c’est notre plus grand trésor. Il ne faut pas le tésoriser mais le partager avec entrain et habileté, dans la mesure où les moyens qu’on emploie sont garants et pérennes. Il est si désolant de voir dans la vie chrétienne, même parmi les hautes sphères des responsables de l’Eglise, les luttes d’influences, les petits profits, les petits clans et les ragots sournois. Cela n’est pas très habile mais cela ronge plus que tous les rongeurs des champs. En tous les cas à ceux qui penseraient qu’il est impossible d’être habile et honnête on peut les prier gentiment de ne pas minimiser, bloquer ou ignorer ceux qui essaient. Notre Eglise doit vivre avec ingéniosité et audace l’annonce de l’Evangile et il y a urgence à le faire dans un temps où notre société a perdu la boussole et le bon sens.

Je propose à notre méditation de cette semaine cette petite parabole d’un Père de l’Eglise, Saint Ambroise de Milan : « « Si un pauvre qui a faim vole à l’étalage d’un marchand un produit de nécessité, il ne fait pas un vol mais il aide le marchand qui n’avait pas remarqué sa pauvreté ni fait attention à lui, à s’acquitter du devoir de donner aux pauvres. Il a sauvé l’âme du marchand. » »                

Bonne habileté pour cette année scolaire

Marcel Bardon, diacre