L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé…

par le Père Laurent de VILLEROCHÉ

On imagine parfois que les premiers chrétiens formaient une Église fraternelle, sans problèmes. Puis sa croissance aurait obligé l’Église à se doter d’une organisation, passant du temps des charismes à celui de la hiérarchie.

Or ce rêve est un mythe. Il suffit de lire les Actes des Apôtres pour y découvrir de nombreux exemples de difficultés. La première lecture rapporte ainsi un affrontement au sujet de la circoncision : fallait-il ou pas respecter la coutume de Moïse sur ce point ? L’épisode montre aussi qu’une autorité existe avec le pouvoir de trancher. Ainsi depuis les origines, chaque baptisé a l’obligation d’essayer de discerner ce que Dieu attend pour lui-même ou pour sa communauté, en raison de la promesse de Jésus selon laquelle « l’Esprit que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout » (Évangile). Dans le même temps, parce qu’il y a parfois des conflits ou tout simplement des caps à franchir, certains ont reçu l’autorité d’attester que le Saint Esprit anime telle ou telle option : « L’Esprit Saint et nous-même avons décidé ce qui suit… ».

Mais l’autorité s’exerce en respectant deux conditions : le souci d’un dialogue qui cherche le consensus maximum mais celui de l’impératif de la mission, car le contenu de la décision doit avoir avant tout pour but de donner à l’Église les moyens de permettre au Christ de rencontrer mieux les hommes.

Alors que le temps fort du Synode de notre diocèse approche (ce sera à la Pentecôte), n’ayons pas peur : depuis les origines l’Esprit assiste son Église et lui a donné les moyens de progresser. Mais aidons-nous les uns et les autres à assumer nos vocations respectives pour le laisser agir vraiment !

Père Laurent de VILLEROCHÉ