Pas trop vite !

par Laurent de Villeroché, eudiste

Dimanche dernier, nous avons réentendu que Dieu est un Père miséricordieux. Commentant la parabole des deux fils, le P. François concluait son éditorial : « Dans ce monde déboussolé, savons-nous aller au-delà des vies et des comportements trop humains ? Le Carême tombe bien ». Ce dimanche, l’Evangile nous invite à nouveau à dépasser nos réactions trop humaines : quand elles sont trop rapides, elles enlèvent à la personne tout avenir.

Oui elle est belle la rencontre de Jésus avec la femme adultère. Malgré la pression, on le voit se pencher, écrire sur la terre, on ne sait même pas quoi… On est loin du tweet ravageur, de la parole qui fuse, du jugement qui fige dès la première impression sans chercher plus loin. Jésus, lui, prend le temps et, par son attitude, nous invite à faire de même : pas trop vite ! Certes il ne nie rien du mal commis, mais il fait le pari de l’avenir : « Va et ne pêche plus ! »

Déjà Isaïe nous rapportait l’invitation de Dieu : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert ». Oui le Carême tombe bien pour nous aider à aller au-delà des comportements trop humains : apprenons à ne rien oublier, à dénoncer le mal quand il le faut mais aussi à prendre le temps pour discerner l’avenir possible ou imaginer des chemins pour avancer. 

Laurent de Villeroché, eudiste