Quand la prière transfigure

par Joseph Le Gall, eudiste

« Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et monta sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante… »

Luc, l’évangéliste, qui, tout au long de son Evangile, se plait à souligner l’importance de la prière dans la vie de Jésus est le seul à la mentionner ici, dans le contexte de sa Transfiguration. Une occasion pour lui de signaler la puissance transformante de la prière, de la prière de Jésus sans doute, mais aussi (pourquoi pas ?) de la nôtre.

En précisant que Jésus gravit la montagne « pour prier » et que c’est au cœur de cette prière que Jésus fut transfiguré, Luc laisse entrevoir quelle est, selon lui, la nature du mystère de la Transfiguration, à savoir : la révélation du secret personnel de Jésus, de son exceptionnelle intimité avec son Père.

Aux yeux de l’évangéliste, la Transfiguration se présente comme le rayonnement, un instant perceptible, de son être le plus intime en constante et parfaite communion avec le Père.

Mais Luc entend peut-être ici, comme ailleurs dans son Evangile, fournir à ses lecteurs un modèle : ne voudrait-il pas signifier que tout disciple, tout chrétien, par ses rencontres personnelles et répétées avec le Seigneur dans la prière, à l’écoute de sa Parole, se trouve peu à peu, lui aussi, « transfiguré » à l’image du Fils ?

Joseph Le Gall, eudiste