C’est quand, c’est où le bonheur ?

par P. Laurent de Villeroché, eudiste

Vous vous souvenez peut-être. En 2003, le chanteur Cali sort un titre devenu un tube « C’est quand le bonheur ? » : « Je suis pendu à vos lèvres espérant le mot, espérant le oui qui sauverait ma vie. Je suis pendu au téléphone mais qu’y a-t-il de plus moche qu’un téléphone aphone qui sonne et personne qui ne décroche ». En 2016, c’est au tour de Christophe Maé de chanter « Il est où le bonheur, il est où ? » : « J’attendais d’être heureux. J’ai fait des chansons, j’ai fait des enfants. J’ai fait au mieux. J’ai fait la gueule, j’ai fait semblant. On fait comme on peut. J’ai fait le con, c’est vrai ; j’ai fait la fête, ouais ! Je croyais être heureux ». Deux titres de chansons qui reflètent le climat d’aujourd’hui et sans doute d’autres époques… 

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus ne dit ni « où » ni « quand » le bonheur viendra. Mais contre les apparences, il affirme la vocation au bonheur de tous, même des pauvres, des affamés, de ceux qui pleurent, de ceux qui subissent le mépris à cause de leurs convictions. Les yeux dans les yeux, il ose aussi affirmer l’illusion des petits bonheurs qui enferment sur soi sans soutenir la croissance des autres.

Jésus invite à voir plus loin que les limites de nos pauvretés et même de nos richesses : l’homme est fait pour un autre monde, celui où chacun se sentira capable de porter du fruit pour lui et pour les autres, dès lors qu’il demeure « comme un arbre planté près des eaux ».

Bénis sommes-nous quand nous arrivons à témoigner à tous, par nos vies et nos actions, que ce monde est possible « ici » et « maintenant » !   

 

P. Laurent de Villeroché, eudiste