Une fois de plus Noël semble tomber mal cette année. Les premières pages des journaux nourrissent plus notre inquiétude pour le présent et pour l’avenir que notre envie de faire la fête et de nous réjouir ; à moins de nous voiler la face…

Beaucoup de nos rencontres et connaissances nous laissent sans voix quand elles nous disent que cette période est pour elles la pire et qu’elles en attendent la fin en se repliant sur elles-mêmes : solitude, absence d’un être aimé, séparation et blessures d’enfances…

La lumière de Noël serait-elle impuissante à transpercer cette nuit qui envahit le monde ? La Parole de Dieu dans la nuit de Noël affermit notre pas, réveille notre cœur et nous fait relever la tête : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi ». « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ;
son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. »

Comme au temps de l’incarnation dans la mangeoire de Bethleem bien des brouillages viennent perturber notre accueil de la Bonne Nouvelle proclamée par les anges dans le ciel : les produits de consommation, l’individualisme, les soucis du monde, la violence et le pouvoir ; des nuages opaques s’acharnent à cacher la Lumière…

Alors les hommes et les femmes de notre temps ont besoin d’une étoile pour les guider, de paroles, de musiques et de gestes qui « jaillissent du ciel », de ce ciel de Dieu qui est en chacun de nous. Nous avons une belle mission, personnelle et communautaire, et le temps de l’Avent a pu nous y préparer : accueillir l’Enfant qui ne demande qu’à naitre de nouveau dans nos crèches vivantes, et y conduire en les prenant par la main ceux qui sont perdus en chemin. Le pape François nous rappelait que chaque saint (ou chaque disciple-missionnaire) est une mission : il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire (aujourd’hui tant qu’à faire !) un aspect de l’Evangile.

Joyeux Noël à tous !

 

Père Gilles ROUSSELET