Nos liturgies, une École D’accueil ?

par P. Laurent de Villeroché, eudiste

À la fin de l’année de la Miséricorde, le pape François a voulu instituer une Journée mondiale des pauvres. Il l’a fixée au 33ème dimanche du Temps ordinaire. La deuxième édition a donc lieu ce week-end.

« N’aimons pas en paroles, mais par des actes » (1 Jn 3,18). Dans son message publié il y a deux ans, le pape a souligné que la rencontre et le partage avec les pauvres sont le « test » de l’authenticité de la vie chrétienne, c’est-à-dire aussi de notre prière.

Or sans remplacer la solidarité concrète, la liturgie vécue dans la pauvreté du cœur entraîne le réflexe d’accueillir les autres, quels qu’ils soient :

  • – En arrivant à l’heure, nous entendons « le Seigneur soit avec vous » et pas seulement « avec toi » ! Cela aide à réaliser que nous étions attendus, en plus avec d’autres que nous n’avons pas forcément choisis.

  • – La proclamation de la Parole nous tourne ensuite vers Dieu, cet Autre par excellence qui nous pousse parfois dans des projets que nous n’avons pas prévus. En écho, la prière universelle nous tournera vers le monde.

  • – L’horizon s’élargira encore au moment de recevoir le corps du Christ : non pas « Heureux sommes-nous… » mais « Heureux les invités au repas du Seigneur » ! Communier oblige à penser à ceux qui ne sont pas encore là…

Nous entendrons dans le psaume : « De toi Dieu dépend mon sort ; tu m’apprends le chemin de la vie ! ». La liturgie entraîne à réaliser que ce chemin est aussi un chemin d’accueil des autres, si possible de tout autre !

P. Laurent de Villeroché, eudiste