Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme

qui jette en terre la semence…

par Joseph Le Gall, eudiste

En ce 11ème dimanche ordinaire il nous est donné d’entendre et de méditer une parabole, sans doute difficile à vivre, mais qui est en même temps l’une des paraboles les plus optimistes racontées par Jésus dans les évangiles.

Il s’agit de la parabole de la semence dont Jésus dit qu’elle « germe et grandit on ne sait comment ». Saint Marc est le seul à nous la rapporter dans son Evangile.

Parabole difficile à vivre, car on aimerait tant savoir, comprendre, s’activer au prix d’efforts même coûteux s’il le faut.

Mais ne rien voir, n’avoir rien d’autre à faire que de croire. Entrer dans une attitude de foi si exigeante, si radicale, cela ne va pas de soi dans une culture d’efficacité comme la nôtre, de rendement immédiat où le contrôle et la maitrise sur tout sont de première importance. La difficulté s’accroît encore lorsque tout autour de nous (et aussi en nous) peut donner l’impression que le Royaume de Dieu n’avance guère, ou même semble reculer.

L’une des plus optimistes paraboles cependant. Jésus, un jour, a dit qu’il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Vivre, c’est faire, c’est agir, mais c’est aussi à certains moments dormir. Que nous dormions ou que nous nous levions, la semence germe, la Royaume avance. En attendant la moisson, il nous faut apprendre la patience et surtout la confiance. Le Seigneur nous demande de semer sa Parole à temps et à contre temps et il nous demande aussi de semer des graines d’amour, de justice, de paix, de réconciliation… Mais c’est Lui, le Seigneur, qui donne à la semence de pousser et de donner du fruit.

La belle parabole, proposée à notre méditation ce dimanche peut ainsi nous servir d’examen de conscience : à quel moment être patients ou actifs ; à quel moment il faut semer et à quel moment il est bon d’aller se coucher. Le vrai disciple est celui qui passe avec succès cet appel à semer en sachant, dans la foi et l’espérance, que le processus de croissance se fait sans lui, même la nuit.

Joseph Le Gall, eudiste