ÉDITORIAL

Par le Père Gilles ROUSSELET

Deux phrases attirent mon attention dans ce récit de saint Marc que nous entendons en ce dimanche : « Il a perdu la tête !  »

C’est cette sentence que saint Marc nous laisse percevoir d’un bout à l’autre de son Evangile. Jésus est comme l’indiquait le titre d’un livre de monseigneur Deniau, « l’ami déroutant », le Dieu déconcertant, inattendu, au delà de la raison. Sa famille et son entourage le plus proche semblent dans l’incapacité d’accepter cela. Ils croient le connaître comme le fils de Joseph et de Marie, mais lorsqu’il prend la parole pour annoncer le Royaume, quand il attire les foules au point qu’il ne soit plus possible de manger, ils sont bloqués dans leur savoir. De fait en se faisant l’un de nous, en se faisant proche des hommes, en s’invitant dans la vie des pécheurs, en offrant sa vie pour nous, en allant jusqu’à supporter toutes les épreuves pour porter secours à ceux qui subissent l’épreuve (He 2, 18) Dieu a perdu la tête. Cela devrait nous faire exulter de joie parce qu’il a changé notre deuil en une danse (Ps 30).

Et puis cette question de Jésus, promenant son regard sur chacun d’hier et d’aujourd’hui : « qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Bien sûr Marie est à la première place pour avoir ainsi enfanté Jésus dans son cœur avant de le recevoir dans son sein, pour s’être tellement livrée à la volonté de Dieu dans un fiat continuellement renouvelé jusqu’à la croix. Nous sommes de la famille de Jésus en faisant sa volonté et en se laissant surprendre.

Une question pour nos partages familiaux ou fraternels : dans quel mesure suis-je prêt (e) à me laisser appeler, à me laisser aimer et désinstaller dans mon confort et ma tranquillité pour aller vers les autres manifester sa tendresse, pour faire connaitre l’amour du Christ ?

Père Gilles ROUSSELET