Shaliah !

par Marcel Bardon, diacre

Le Christianisme n’est pas une religion de l’observance et nous ne sommes pas chrétiens parce que nous obéissons à des préceptes afin d’être disciplinés et polis ! du moins faut-il l’espérer.

Nous tenons du Christ, chacun pour soi-même et tous ensemble, de l’appartenance au Christ. Nous sommes par l’Esprit de Jésus d’un même Corps, et chacun est membre de ce Corps – St Paul développera cette méditation et probablement que l’exemple de cette « Vigne » dont parle l’Evangile d’aujourd’hui a dû le faire méditer longtemps.

Quand Jésus nous dit : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. », c’est qu’il nous montre comment prendre l’exemple sur lui, en s’agrégeant à lui et ainsi tout se réalisera pour la gloire du Père.

Lui, Jésus, qu’a-t-il fait ? Il s’est fait l’Envoyé du Père, le « Shaliah » du Père. Le « Shaliah » dans la tradition juive c’est : « celui qui est comme », « l’identique », « l’Apostolos », « l’alter-ego ».

En faisant de nous les sarments de la Vigne que le Père émonde, Jésus nous invite à devenir nous aussi les « Shaliah » de la Bonne Nouvelle qu’il est venu inaugurer. Cette Bonne Nouvelle, c’est que Jésus-Christ nous a libéré du péché et de la mort. Il a vaincu la mort et la mort, dans sa stupéfaction, en est morte ! s’affaissant sur elle-même.

La Bonne Nouvelle c’est : « Christ est ressuscité ! » Avec lui nous sommes en chemin, parce que nous avons vu sa Gloire. Cette Gloire se dresse à l’Orient, là où, dans toutes nos églises, se lève le soleil du Jour nouveau, un Jour sans fin, Christ resplendissant. Et même dans notre vie, avec le temps et l’âge, l’ombre qui s’allonge au soleil couchant, ne va pas vers un orient nocturne mais, après la nuit, vers l’Aube Pascale.

Ne la contristons pas par des repliements sur soi. Allons-y, soyons les « Envoyés » de cette Joie. Laissons le Père émonder notre vie, pour que nous le rejoignions en son Fils. Le fruit de la Vigne est en nous et le vin des Noces qui nous est promis (à Cana c’était 600 litres !) ruisselle sur toutes les vallées du ciel où nous sommes tous conviés.

Marcel Bardon, diacre