Lui, il s’appelait Nicodème !

par Marcel Bardon, diacre

Ce n’est jamais simple de comprendre comment, dans l’Histoire, Dieu vient surprendre la logique des hommes. Il bouscule les habitudes et même Il dérange les bonnes intentions ! Quitte à perdre tout crédit.

Il est sûr que du temps du roi des Perses, Cyrus, héraut de la religion mazdéenne – d’un dieu unique lumière – il n’était pas évident pour le petit peuple d’Israël exilé loin de sa terre de croire, comme le proclamait Isaïe, que c’est notre Dieu qui est l’Unique ! Et le puissant roi Cyrus qui se riait de tous les dieux n’était que l’instrument de Dieu. Le Dieu Créateur et Sauveur disant à son peuple meurtri : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ! » Et le peuple exilé y a cru. Ce qu’ils ont dû souffrir pour en arriver là : accepter l’envers de l’évidence…

Dans cet Evangile d’aujourd’hui que nous propose la liturgie, Jésus s’adresse à un Sage en Israël, Nicodème, un juste. Jésus l’invite à renaître d’en haut… pour la vie éternelle. Sans doute, cette nuit-là, Nicodème dût repartir de son entretien avec Jésus, questionné au plus profond de lui-même. Cependant, il sera là aux derniers instants de Jésus, accompagnant son corps supplicié jusqu’au tombeau.

Pour nous aussi, dans cette marche vers Pâques, nous sommes invités à fixer les yeux sur le Christ. Il est élevé de terre, il est donné au monde parce qu’il a tant aimé le monde, il est exalté à la droite de Dieu. L’Ascension commence le Vendredi Saint et se continue en nous telle la Promesse de Vie déjà commencée. Chaque dimanche de ce Temps de Carême nous achemine vers cette Promesse et c’est le monde entier qu’il nous faut emmener sur ce chemin de la Promesse. Ce monde qui, parfois nous paraît si moche, si mal en point ; eh bien Dieu l’aime !

En ce temps de l’Eglise, le Père nous invite à suivre son Fils bien-aimé jusqu’au bout de l’Esprit d’amour. Etre tels que fut Nicodème – apportant la myrrhe et l’aloès – dans l’attente, cette bienheureuse attente, où notre propre exil s’achèvera dans l’Aurore Pascale.

Marcel Bardon, diacre