En accueillant Dieu qui se donne, changer sa manière de donner (Gn 22, 1-18)

par Vincent Héraud, diacre

Nous connaissons bien cet épisode du sacrifice d’Isaac qui met la foi d’Abraham à l’épreuve. Celle-ci va lui permettre de faire une conversion de sa foi :

– une conversion de son image de Dieu, non pas un Dieu arbitraire mais un Dieu qui vient le rejoindre au cœur même de ses espérances et de ses angoisses.

– une conversion de sa manière de donner : il offrira un bélier au lieu de son fils en holocauste.

Et nous, quelle image de Dieu avons-nous ? N’avons-nous pas trop facilement une image d’un Dieu arbitraire, à craindre, ou au contraire un Dieu à notre botte, prêt à répondre au moindre de nos désirs ? Ne doit-elle pas subir un déplacement quand Paul nous parle d’un Dieu à accueillir, qui se donne entièrement : « Dieu n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? » ?

Que devons nous transformer également dans notre manière de donner ? Donnons-nous par intérêt, pour simplement soulager notre conscience, pour « être bien » avec Dieu, ou faisons-nous de nos dons, en particulier aux plus pauvres d’entre nous, une vraie occasion de rencontre gratuite du Christ, de communion avec les hommes et la nature ? Personne n’est arrivé à la perfection de ce don : tout le monde peut faire un pas de plus sur ce chemin pendant ce Carême.

Vincent Héraud, diacre