Jésus venu pour les malades ?!

P. François Jourdan

Ce week-end est la Journée Mondiale de la Santé et des Malades. La première lecture du Lévitique nous rappelle en particulier ce qu’était la lèpre autrefois avec la mise à l’écart qu’elle entraînait. Mais il y avait à faire un discernement d’avec bien d’autres affections de la peau (d’où le recours officiel aux prêtres), et déjà le symbole de toutes nos misères humaines : nos lèpres et celles de notre cœur. On se souvient du courageux ‘baiser au lépreux’ de saint François, et de saint Martin partageant son manteau avec le miséreux.

Curieusement nous nous trouvons aujourd’hui en France dans un ‘désert médical’ ! Et les mouvements sociaux du personnel des maisons de retraites EPHAD montrent les lacunes de notre société. Pourtant Jésus était saisi de compassion et alla jusqu’à toucher le lépreux, ce qui était transgresser la Loi. Sa liberté a réhabilité le malade dans la société. Pour suivre Jésus et l’imiter (comme nous le rappelle saint Paul aux Corinthiens), l’Eglise a essayé de déployer des mouvements pour le soin des malades comme le SEM (Service Evangélique des Malades et isolés) et des ordres religieux hospitaliers nombreux. Le fait que le nouvel archevêque de Paris, Mgr Aupetit, soit un ancien médecin n’est pas un hasard : passer du soin des corps au soin des ‘âmes’, il n‘y a qu’un pas !

Jésus est Sauveur, et le montre par ses miracles qui ne doivent pas le piéger dans une fonction de guérisseur comme les foules voulaient le faire, ce qui l’empêchait d’entrer dans les villages et le forçait à rester dans les endroits isolés où tout le monde venait à Lui quand même ! Les pharisiens ont même pu se poser la question : ‘Serions-nous par hasard aveugles nous aussi ?’ (Jn 9,40). La bonne Nouvelle de l’Evangile nous pousse tous sur le plan du soin des malades et aussi sur celui du soin des cœurs. A la suite du Christ !

P. François Jourdan (ancien masseur-kinésithérapeute)